Qu’est-ce-que c’est ?

L’ablation par radiofréquence (RFA) est une technique de destruction d’une métastase osseuse par la chaleur.

Le principe consiste à placer une aiguille-électrode au sein de la lésion sous contrôle de l’imagerie, le plus souvent radiographie et/ou scanner.

Un générateur délivre un courant électrique alternatif à l’extrémité de l’aiguille. Le but étant d’exposer les cellules cancéreuses à une température supérieure à 60°C entrainant leur destruction de façon quasi immédiate.

Spécificités de l’ablation par radiofréquence dans le tissu osseux :

La RFA a initialement été développée pour traiter des tumeurs dans les tissus mous (foie, rein, poumon).

Le tissu osseux étant moins bon conducteur de chaleur que les tissus mous, la zone de destruction cellulaire sera donc moins large.

En revanche, lorsqu’il n’est pas trop détruit par la tumeur, le tissu osseux agit comme une barrière isolante et permet de traiter des lésions tout en protégeant les structures et organes voisins : on parle d’effet four.

Dans quel but réaliser une radiofréquence d’une métastase osseuse ?

Les métastases osseuses sont fréquentes, concernant 20% des patients avec cancer.

L’ablation par radiofréquence (RFA) d’une métastase osseuse peut s’envisager dans 2 circonstances :

  • RFA à visée antalgique
  • RFA à visée curative

Toutes les décisions de traitements sont préalablement étudiées et validées en réunions pluri-disciplinaires (RCP).

RFA d’une métastase osseuse à visée antalgique 

La présence de métastase osseuse est la cause la plus fréquente de douleurs liées au cancer, souvent responsables d’une altération de la qualité de vie des patients.

Les douleurs secondaires à une métastase osseuse peuvent avoir plusieurs origines : biochimique (par production de substances inflammatoires), mécanique (par destruction et fragilisation osseuse) et/ou neurologique (par destruction des fibres nerveuses ou compression nerveuse)

Dans certaines situations, ces douleurs échappent aux traitements antalgiques habituels (AINS, corticoïdes, morphine, bisphosphonates) ainsi qu’aux traitements spécifiques du cancer (chimiothérapie, hormonothérapie, immunothérapie).

La radiothérapie est fréquemment une solution efficace avec cependant un certain délai d’efficacité antalgique et un seuil de dose maximale, limitant notamment son utilisation en cas de récidive.

Lorsque son indication est retenue en RCP, la RFA est une alternative présentant plusieurs avantages :

  • Caractère peu invasif du geste
  • Rapidité d’action de l’effet antalgique
  • Possibilité d’être couplée à d’autre traitements antalgiques généraux ou locaux (en particulier la cimentoplastie) ou spécifiques du cancer (radiothérapie et chimiothérapie notamment)

Dans ce contexte, le but n’est pas forcément de détruire toute la lésion mais d’obtenir un effet antalgique rapide, efficace et le plus durable possible.

RFA d’une métastase osseuse à visée curative 

C’est une situation plus rare.

Dans ce contexte, l’objectif du traitement est ladestruction complètepar la chaleur de la totalité des cellules cancéreuses de la métastase osseuse.

Après validation en RCP, elle s’adresse principalement aux patients présentant une métastase unique (ou des métastases peu nombreuses) et de petite taille (idéalement inférieure à 3 cm).

Déroulement de la prise en charge

La décision d’un traitement d’une métastase osseuse par RFA est toujours discutée et validée au préalable en réunion pluri-disciplinaire (RCP).

Consultation pré-thérapeutique

Une consultation avec le radiologue interventionnel est systématique avant le traitement. Elle permet de valider une dernière fois l’indication de l’intervention, de planifier le geste, de vous expliquer son déroulement ainsi que ses rares complications.

Consultation d’anesthésie 

La radiofréquence osseuse est réalisée sous anesthésie générale.

Une consultation avec un médecin anesthésiste est donc obligatoire avant l’intervention (au minimum 48h avant).

Déroulement de l’intervention

Le geste est réalisé dans une salle dédiée à ce type d’intervention, située au sein du bloc opératoire, avec tout l’équipement nécessaire au guidage (table hybride couplant radiographie et scanner).

Vous êtes pris en charge par l’équipe d’anesthésie et installé sur le dos ou sur le ventre en fonction de la localisation de la lésion à traiter et de la voie d’abord choisie lors de la consultation pré-thérapeutique.

Le radiologue interventionnel positionne l’aiguille de radiofréquence au centre de la lésion. Dans certaines situations, cette étape nécessite au préalable de forer un petit tunnel dans l’os à l’aide d’un trocart à biopsie afin de permettre le passage de l’aiguille et d’atteindre la lésion cible.

Une fois en place, le radiologue interventionnel commence le cycle de chauffe et de destruction tumorale dont la durée dépend de la taille de la lésion.

Si nécessaire, un geste de consolidation osseuse (cimentoplastie) peut-être réalisé dans le même temps afin d’éviter un risque de fracture secondaire.

Durée d’hospitalisation et suites opératoires

Dans la majorité des cas, l’intervention nécessite une courte hospitalisationd’une nuit.

L’effet antalgique sur la lésion est quasi-immédiat au décours de l’intervention.

Quelques douleurs transitoires en regard du point de ponction sont possibles, secondaires à la procédure de positionnement de l’aiguille de radiofréquence.

Quelles sont les complications possibles d’un traitement par radiofréquence osseuse

Les plus fréquentes sont les hématomes au point de ponction.

Des brûlures cutanées peuvent se rencontrer lors des traitements des lésions superficielles.

Des brûlures d’autres organes ou structures de voisinage (nerfs) sont plus rares, anticipées au mieux lors de la planification du geste en consultation pré-thérapeutique.

Le risque de fracture secondaire à la fragilisation osseuse après RFA est normalement prévenu par un geste de consolidation osseuse si nécessaire (os porteur), le plus souvent par cimentoplastie ou chirurgie.

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