Qu’est-ce que l’adénomyose ?

  • L’adénomyose est usuellement définie comme étant de l’endométriose interne à l’utérus.
  • C’est une maladie fréquente, bénigne avec pénétration de petits îlots de cellules de l’endomètre (muqueuse qui tapisse l’utérus) dans le myomètre (couche musculaire plus profonde).
  • Elle peut être :
    • Focale (quelques foyers épars disséminés dans l’épaisseur du myomètre) ou diffuse (très nombreux foyers pouvant atteindre la totalité de l’épaisseur du myomètre).
    • Endométriose pelvienne et adénomyose sont 2 maladies qui viennent d’un même processus pathologique mais il n’existe pas de corrélation formelle entre les 2 ; une femme peut avoir de l’adénomyose sans avoir d’endométriose, et vice versa.
  • L’adénomyose concernerait 11 à 13 % de la population féminine. Dans 25 % des cas, les femmes atteintes ont de 36 à 40 ans. Dans 6 à 20 % des cas, adénomyose et endométriose sont associées

Quels sont les facteurs favorisant la survenue de l’adénomyose ?

  • La multiparité (plusieurs grossesses) est un facteur reconnu ainsi que la présence d’un endomètre hypertrophié (hyperplasie endométriale).

  • Des antécédents de césarienne, IVG, curetage, fausse couche spontanée ou chirurgie utérine sont aussi des facteurs favorisants le développement d’une adénomyose utérine.

  • En revanche, la pose d’un stérilet ne semble constituer un facteur de risque.

Quels sont les symptômes de l’adénomyose ?

  • Les signes les plus fréquents quand il y en a sont :
    • Des saignements :
      • Les ménorragies (plus de 50% des cas) : ce sont des règles anormalement abondantes et qui durent anormalement longtemps (plus de 7 jours).
      • Les métrorragies (plus de 20% des cas) : c’est la survenue de saignements en dehors des périodes de règles.
    • Des douleurs :
      • Les dysménorrhées : c’est la survenue de douleurs liées aux cycles de façon chronique qui s’observe fréquemment (environ 30% des cas).
      • Les dyspareunies : c’est la survenue de douleurs lors des rapports.
    • Une infertilité dans 1 à 14% des cas mais la responsabilité de l’adénomyose reste encore incertaine. Mais dans la majorité des cas, l’adénomyose utérine ne se traduit par aucun signe clinique.

Quels examens d’imagerie pour confirmer le diagnostic clinique ?

  • Lorsque le diagnostic clinique est évoqué par votre médecin traitant ou votre gynécologue, le premier examen à réaliser est une échographie pelvienne (avec un examen endovaginal).
  • Elle va confirmer le diagnostic en montrant des signes évocateurs (utérus augmenté de volume, micro-kystes sous l’endomètre, épaississement de la zone jonctionnelle, irrégularité du myomètre, hypervascularisation en doppler, …) et rechercher d’autres pathologies associées (endométriose, fibromes).
  • En cas de doute diagnostic ou pour plus de précisions, une IRM peut être indiquée.
  • C’est l’examen le plus performant pour affirmer le diagnostic, en réaliser un bilan d’extension précis, et rechercher des pathologies associées.

Quels sont les traitements ?

  • On ne doit traiter que les femmes qui présentent des symptômes.
  • Dans un premier temps, le traitement sera médical (par l’analogue LH RH, DIU type Mirena, traitement par progestérone en continu).
  • En cas d’échec, on pourra discuter le traitement par embolisation avant d’envisager la chirurgie partielle ou totale (hystérectomie ou ablation de l’utérus).

L’embolisation utérine dans l’adénomyose 

Les indications

L’embolisation se discute au cas par cas en cas de symptômes qui s’aggravent (saignements abondants, douleurs pelviennes invalidantes) et en cas d’échec du traitement médical et/ou refus du traitement chirurgical.

 Les contre-indications 

L’embolisation est contre-indiquée en cas de :   

  • Patiente sans symptômes
  • Grossesse
  • Adénomyose calcifiée
  • Ménopause
  • Risque ou suspicion d’infection ou de lésion cancéreuse.

L’intervention (avant-après)

La technique

La technique utilisée est identique à celle de l’embolisation des fibromes utérins (voir la fiche conseil embolisation des fibromes utérins). La seule différence est que l’embolisation doit être plus complète ce qui nécessite une pénétration plus profonde des particules dans l’endomètre (particules plus petites).

Comment se préparer ?

  • Un bilan récent de votre adénomyose par échographie ou au mieux par I.R.M. et un bilan sanguin sont nécessaires.
  • Une consultation pré anesthésique est obligatoire et doit avoir été pratiquée dans le mois qui précède l’intervention. Lors de cette consultation vous pourrez poser les questions et discuter du choix d’anesthésie qui vous conviendra le mieux en accord avec le praticien qui sera présent le jour de l’intervention.
  • Il faudra respecter les consignes suivantes :
    • Rester à jeun au moins les quatre heures précédant l’intervention.
    • Vous pourrez continuer à prendre les traitements habituels si l’anesthésiste lors de votre consultation préalable vous en a donné l’autorisation.

L’intervention

  • L’intervention dure entre 30 et 50 minutes en général et est parfaitement indolore.
  • A votre arrivée dans la salle d’intervention, une perfusion vous sera mise en place afin de vous administrer des produits relaxant permettant de vous traiter plus facilement. Cette perfusion restera en place pendant 24 heures.
  • Une sonde urinaire sera également mise en place pour la durée de l’intervention et pendant les 12 heures suivantes.

L’embolisation effectuée par nos radiologues interventionnels se déroule en 3 étapes 

  • Mise en place de la sonde : Le radiologue qui effectue l’intervention désinfecte la peau et réalise une anesthésie locale au point de ponction (au poignet gauche ou au niveau du pli de l’aine). Il introduit de manière indolore un petit cathéter dans l’artère radiale gauche ou l’artère fémorale. Vous ne sentirez ni la piqûre ni la progression de la sonde dans les artères. Le radiologue injecte alors un produit de contraste iodé afin de visualiser grâce aux rayons X votre réseau artériel. Il avance ainsi la sonde jusqu’au niveau des artères utérines sous contrôle radiographique en temps réel.
  • L’embolisation : Après avoir positionné précisément la sonde successivement dans les deux artères utérines, l’embolisation est réalisée en injectant dans le flux sanguin des petites particules calibrées biocompatibles. Celles-ci vont obstruer les petits vaisseaux qui irriguent le fibrome et ainsi provoquer sa destruction (au bout de 6 heures) tout en respectant l’utérus sain.
  • Retrait de la sonde et pansement compressif : Une fois le résultat souhaité obtenu, le radiologue retire la sonde de votre artère et une compression est réalisée pour arrêter le saignement. Ce pansement devra être laissé en place pendant quelques heures.

Quelles sont les suites ?

Que va-t-il se passer après l’intervention? Quand pourrais-je rentrer à la maison ?

  • Après l’intervention, vous serez hospitalisée 24 à 48 heures, rarement davantage. La douleur des 6 à 12 premières heures est variable dans son intensité mais reste dans la très large majorité des cas bien maîtrisée par les perfusions.
  • Après votre retour à la maison, une douleur résiduelle modérée peut persister pendant une semaine. Une ordonnance comportant des traitements adaptés vous sera délivrée à votre sortie de la clinique à cet effet.
  • Un arrêt de travail d’environ deux semaines sera nécessaire. Vous aurez besoin de repos car une fatigue est normalement ressentie après ce type d’intervention essentiellement lors de la deuxième semaine.
  • Une fièvre peut apparaître (38–38°5). Elle doit rester isolée.
  • Les saignements et les douleurs peuvent persister de manière inchangée pendant les deux ou trois premiers cycles menstruels. Il faut parfois attendre une amélioration qui sera progressive en quelques mois.

Les résultats 

  • Les résultats de l’embolisation dans le traitement de l’adénomyose utérine ont été longtemps contreversés du fait de la récidive des douleurs après 2 ou 3 ans.
  • Cependant, on dispose aujourd’hui de nombreuses publications internationales sur de grandes séries de patientes qui montrent de très bons résultats à 3 ans (de l’ordre de 70 à 85 %) et de bons résultats à 5 ans (de l’ordre de 65 à 75%) après l’embolisation.
  • Ces résultats sont d’ailleurs un peu meilleurs lorsque l’adénomyose est associée à la présence de fibromes qui sont traités dans le même temps opératoire.
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