Technique qui permet de soulager les douleurs liées aux varices pelviennes sans ouvrir chirurgicalement.

Elle consiste à boucher les varices pelviennes avec des petits ressorts (coïls), en se servant de cathéters introduits par voie endoveineuse (donc sans ouvrir chirurgicalement). 

C’est quoi des varices pelviennes ?

On appelle varices pelviennes la présence de veines dilatées dans le bas ventre, principalement autour de l’utérus et des ovaires. Il peut également s’agir de dilatations de veines drainant les autres organes du pelvis ou de la paroi pelvienne. Une dilatation des veines vulvaires et des varices des membres inférieurs peuvent y être associées. La présence de ces varices peut rester silencieuse ou être responsable de douleurs liées à la stagnation du sang dans ces veines dilatées.

L’existence de douleurs pelviennes chroniques associées à des varices pelviennes est appelé « syndrome de congestion pelvienne ».

Les symptômes du syndrome de congestion pelvienne sont plus fréquemment retrouvés chez des jeunes femmes (autour de 40 ans) et à la suite d’une ou plusieurs grossesses.

Quels symptômes peuvent faire évoquer un syndrome de congestion pelvienne ?

Les symptômes sont variés mais sont majoritairement constitués de douleurs d’intensité variable, localisées ou diffuses dans le bas ventre. Elle ont alors tendance à s’aggraver à la station debout, en fin de journée ou après une activité intense.

D’autres symptômes peuvent témoigner de la présence de varices pelviennes :

  • la survenue et la récidive de varices au niveau des jambes. 10 % des varices des membres inférieurs pourraient être liées à des varices pelviennes. Ce pourcentage pourrait être supérieur en cas de varices récidivantes.
  • des règles douloureuses,
  • des douleurs pendant ou après les rapports sexuels,
  • la présence de varices vulvaires, périnéales, d’hémorroïdes,
  • d’autres signes moins fréquents comme des envies impérieuses d’uriner.

Comment évolue cette maladie ?

Les symptômes sont classiquement d’évolution chronique, plus ou moins d’évolution progressive. Ces signes peuvent à la longue avoir un retentissement sur le moral sous forme d’une anxiété, d’une dépression ou d’une irritabilité et ainsi avoir une répercussion sur la vie personnelle, professionnelle et la vie de couple. Des thérapeutiques médicamenteuses peuvent être proposées, permettant dans certains cas de réduire partiellement les symptômes. Elle ne permettent toutefois pas de traiter la cause du syndrome de congestion pelvienne.

Le diagnostic des varices pelviennes 

La suspicion de varices pelviennes devant ces signes cliniques doit être confirmée par des examens d’imagerie. Une échographie pelvienne, un scanner ou une IRM permettent le plus souvent d’identifier d’éventuelles varices pelviennes. Lorsqu’elles sont associées à un ou plusieurs des signes cliniques cités précédemment, ces anomalies permettent de confirmer le diagnostic de syndrome de congestion pelvienne.

 

Quel est le traitement des varices pelviennes ?

Le traitement de référence est actuellement l’embolisation de ces varices pelviennes par un radiologue interventionnel.

  • L’embolisation est un traitement opératoire mini invasif qui consiste à occlure les veines dilatées sous contrôle radiographique en passant par une sorte de perfusion.
  • Cette perfusion est généralement placée dans une veine au pli de l’aine ou au pli du coude. L’intervention se fait sous anesthésie locale et dure environ une heure et demie. Son indication sera posée par le radiologue interventionnel lors d’une consultation.
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L’intervention (Avant-Pendant)

Quels points importants sont à annoncer au radiologue lors de la consultation ?

  • En cas d’allergie connue (asthme, allergie à un produit de contraste, à des médicaments, à des alimentations), il faudra le signaler le plus tôt possible. Il sera peut-être nécessaire de mettre en place un traitement anti allergique avant l’examen.
  • Tout traitement susceptible de modifier la coagulation du sang (antiagrégant, anticoagulant), devra être signalé. Des précautions spécifiques seront prises avant l’intervention par le médecin et/ou le service d’hospitalisation.
  • Tout diabète devra être signalé, pouvant amener à l’interruption temporaire d’un des médicaments.
  • Des analyses de sang seront prescrites avant l’intervention.

Comment se passe l’intervention?

  • Dans une salle de bloc opératoire, chez un patient allongé, le radiologue interventionnel réalise une anesthésie locale au pli de l’aine ou au pli du coude permettant de poser la perfusion. L’orifice est d’environ 2 mm.
  • Ce type de perfusion est appelé un introducteur. Il va permettre de passer un guide et un cathéter (un petit “tuyau”) dans les veines pour aller jusqu’au sein des veines pathologiques dans lequel le sang stagne.
  • Dans un premier temps on réalisera une phlébographie, c’est à dire une cartographie des veines du pelvis par l’injection de produit de contraste (il s’agit du même produit que celui injecté lors d’un scanner par exemple).
  • Une fois repérées, les veines dilatées seront occluses par injection d’un sclérosant, de la mise en place de coïls (petits ressorts de quelques millimètres), ou d’une colle biologique.
  • En fonction des imageries réalisées lors du bilan initial et après avoir « bouché » certaines veines, on réalisera une phlébographie de contrôle afin de rechercher la persistance d’autres veines pathologiques pouvant justifier d’un complément d’embolisation.
  • Le traitement terminé, le radiologue retirera le cathéter et appuiera sur le point de ponction de façon à refermer l’orifice.
  • Un pansement simple sera mis en place. Il devra être gardé 24 heures

L’opération est-elle douloureuse ?

  • La pose de la perfusion est réalisée sous anesthésie locale par une petite piqûre.
  • Pendant le traitement, des médicaments contre la douleur et les nausées sont habituellement administrés pour limiter les éventuelles douleurs. Celles-ci restent la plupart du temps légères.

Quelles sont les suites ? 

  • La surveillance est assurée dans l’établissement pendant 2 à 3 heures dans un service adapté avant le retour à domicile.

  • On recommande un repos d’une journée puis un arrêt de travail d’environ une semaine.

  • Il est possible qu’une sensation douloureuse, plus ou moins intense, apparaisse au cours des 72 premières heures suivant l’intervention. Ces signes ne sont pas inquiétants dans la mesure où ils sont transitoires, régressant au cours de la première semaine dans la quasi-totalité des cas. Pour limiter au mieux la gêne, une prescription d’anti-inflammatoires et d’antalgiques est remise pour les premiers jours, à poursuivre éventuellement sur la première semaine en fonction de l’évolution clinique

  • Il est recommandé et souhaitable d’arrêter toute activité physique et sportive durant la première semaine, d’éviter les voyages en avion et les longs trajets en voiture dans les 72 premières heures. Il est également conseillé d’éviter de jouer de certains instruments de musique (tels que saxophone et trompette …) et toute activité nécessitant une augmentation  importante de la pression abdominale.

  • Les complications sont rares

 

Qu’attendre de cette intervention ?

  • L’embolisation est une technique peu invasive qui a fait les preuves de son efficacité dans le traitement des syndromes de congestion pelvienne et le traitement de l’origine pelvienne des varices des membres inférieurs.
  • Elle permet une diminution significative des symptômes dans environ 80 % des cas.
  • Son efficacité n’est néanmoins pas assurée dans tous les cas, elle dépend du mécanisme des douleurs, des antécédents médicaux et chirurgicaux ainsi que de la durée d’évolution des symptômes.

Quels sont les risques ?

  • Toute intervention sur le corps humain, même conduite dans des conditions de compétence  et de sécurité maximales, comporte un risque de complication.
  • Les risques mineurs sont : la survenue d’un hématome au point de ponction, un malaise, des douleurs résiduelles au pli de l’aine. Une fuite de produit de contraste lors du cathétérisme  peut également survenir, pouvant conduire au report de l’intervention.
  • L’anesthésie locale ainsi que l’injection du produit de contraste peuvent entrainer des réactions allergiques.
  • Les risques les plus graves associés à l’embolisation sont essentiellement la survenue d’une occlusion vasculaire plus importante que celle recherchée. Les conséquences dans ce cas sont le plus souvent sans conséquence.
  • Des complications majeures (très rares) peuvent survenir, comme un risque d’occlusion de la veine rénale ou la migration du matériel d’embolisation dans des artères pulmonaires. Un accident vasculaire cérébral transitoire par migration de produit sclérosant au niveau des artères cérébrales peut survenir en cas de malformation cardiaque.
  • Bien que toutes les précautions soient prises en matière d’hygiène et d’asepsie, une infection ne peut être écartée dans les suites de l’intervention.
  • Dans certains cas, l’intervention peut se solder par un échec en cas d’anatomie veineuse particulière.

 

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