Qu’est ce que l’embolisation des tumeurs du rein ? 

  • L’embolisation (occlusion des artères) des tumeurs du rein peut être réalisée pour le traitement des tumeurs malignes ou de certaines tumeurs bénignes et plus particulièrement l’angio-myo-lipome rénal.
  • Dans le cas de certaines tumeurs malignes (cancéreuses) du rein, en accord et à la demande du chirurgien urologue qui va opérer le patient, un geste d’embolisation peut être réalisé par le radiologue interventionnel dans les quelques heures qui précèdent l’intervention chirurgicale.
  • L’embolisation a pour but de faciliter le geste opératoire du chirurgien en réduisant l’alimentation artérielle du rein ce qui permet d’opérer plus facilement, avec moins de risque d’hémorragie pendant l’intervention.
  • C’est une embolisation que l’on réserve aux cas de volumineuses tumeurs avec une très riche vascularisation visible sur le scanner pré-opératoire.
  • Dans le cas des tumeurs bénignes (qui ne sont pas des cancers), une embolisation peut être indiquée dans le cas particulier d’une tumeur dénommée angio-myo-lipome rénal.

L’Angio-Myo-Lipome (AML) rénal

C’est une tumeur bénigne du rein composée de plusieurs types de tissus en proportions variables:

  • Vasculaires (A : Angio)

  • En fibres musculaires (M : Myo)

  • Graisseuse (L : lipome)

    C’est une tumeur qui survient plus souvent chez la femme, qui peut être unique ou multiple et peut alors s’intégrer dans une maladie du groupe des phacomatoses (Sclérose Tubéreuse de Bourneville).
    Sa découverte est dans la grande majorité des cas fortuite car elle est asymptomatique le plus souvent, à l’occasion d’un examen d’imagerie médicale (échographie abdominale, scanner, voire IRM).

    Cependant, elle peut se révéler à l’occasion d’une complication (compression des organes de voisinage, hypertension artérielle, ou surtout hémorragie).
    Sa taille est très variable, de quelques millimètres à plusieurs centimètres, ainsi que son évolution dans le temps allant de la quiescence à une augmentation rapide de plusieurs centimètres par an (surtout dans le cadre de la Sclérose Tubéreuse de Bourneville).

    Dans la très grande majorité des cas, elle se présente comme une petite tumeur solide du rein, unique, asymptomatique et de découverte par hasard lors d’un examen d’imagerie chez une femme.

Elle pose alors 2 problèmes :

  • Celui de son diagnostic différentiel avec une tumeur maligne du rein (qui ne contient pas de graisse).

  • Celui du risque de complication hémorragique lorsque la lésion mesure plus de 4 centimètres de diamètre ou augmente rapidement de volume.

Le problème du diagnostic différentiel avec le cancer du rein n’est pas toujours facile à régler, mais dans la très grande majorité des cas les examens d’imagerie tels que le scanner ou l’IRM qui retrouvent des contingents graisseux au sein de la tumeur permettent d’affirmer le diagnostic de bénignité.

Si le diagnostic reste incertain, la chirurgie se discute pour en faire l’ablation.

Conduite à tenir en cas d’AML

Le diagnostic d’AML posé, la conduite à tenir est globalement dépendante de la taille de la tumeur.

  • Si le diamètre de la lésion est inférieur à 4 cm, une simple surveillance suffit mais son rythme varie selon les équipes. Généralement, en cas d’AML isolé, une échographie tous les 6 mois voire tous les ans suffit amplement et ce afin de s’assurer de l’absence de croissance rapide de la lésion.
  • En revanche, si l’AML croît rapidement sur les contrôles successifs ou en cas d’AML multiples, une surveillance régulière tous les 6 mois reste nécessaire.

  • Si le diamètre de la lésion est supérieur à 4 cm, le risque d’hémorragie spontanée est plus important et le recours au traitement par embolisation est légitime.

  • Enfin, en cas d’hémorragie spontanée révélatrice de la lésion, l’embolisation en urgence est nécessaire.

Comment se déroule une embolisation de l’AML ?

Un radiologue interventionnel réalise cette procédure en salle de cathétérisme vasculaire dans un bloc opératoire sous anesthésie locale ou générale.

Cette procédure nécessite une très courte hospitalisation (24 heures maximum).

 

L’embolisation de l’AML

  • Dans notre centre, le patient est hospitalisé en fin de matinée pour être opéré dans l’après- midi.
  • Le geste est totalement indolore et dure en moyenne 1h en fonction de la difficulté technique. Plus l’anatomie vasculaire est tortueuse, plus le cathétérisme et la navigation dans les artères peuvent s’avérer compliqués.
  • Le radiologue met en place un abord vasculaire artériel (radial gauche ou fémoral droit en fonction de l’anatomie de chaque patient) sous anesthésie locale et sous contrôle échographique.
  • A la fin de l’examen, une compression du point de ponction est réalisée pour éviter la survenue d’un hématome.

Les suites de l’embolisation

  • Des douleurs lombaires peuvent survenir dans les heures qui suivent l’intervention. Elles seront traitées par des antalgiques et par notre équipe de médecins anesthésistes spécialisés qui administreront selon les besoins les traitements les plus adaptés.
  • Le patient sort en général le lendemain avec un traitement anti douleurs pour quelques jours.
  • La reprise du travail peut s’effectuer environ une semaine après l’intervention.

Quelles sont les complications éventuelles ?

Elles sont rares, et dominées par le risque d’hématome au point de ponction.
Rarement, une occlusion de branches artérielles qui alimentent le tissu rénal normal peut se produire. C’est un risque très limité par l’expertise du radiologue interventionnel et la qualité des structures de radio guidage qu’il va utiliser pendant la procédure (guidage en 3D).

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