Qu’est-ce-que l’angioplastie ?

L’angioplastie est une technique médico-chirurgicale de remodelage (dilatation) et réparation d’un vaisseau sanguin, le plus souvent une artère rétrécie ou bouchée.

A quoi sert-elle ?

  • L’angioplastie a pour but de rétablir la circulation artérielle en dilatant le rétrécissement d’un vaisseau à l’aide d’un ballonnet gonflable.

  • L’angioplastie s’adresse surtout aux sténoses (rétrécissements) ou occlusions courtes.

  • Ces lésions surviennent essentiellement dans le cadre de la maladie athéromateuse.C’est une maladie qui survient lorsque des dépôts graisseux se forment dans des artères. Ces dépôts épaississent les parois des artères qui s’obstruent progressivement créant un rétrécissement qui va progressivement limiter l’apport de sang oxygéné au niveau des tissus.

  • L’angioplastie est indiquée pour traiter les symptômes qui sont dépendants de l’endroit et du type de vaisseau rétréci ou occlus.

  • En effet, le rétrécissement d’une artère diminue le flux sanguin et donc l’irrigation et l’apport en oxygène dans l’organe cible. C’est ce manque d’irrigation sanguine qui va entraîner des manifestations cliniques différentes selon la zone anatomique touchée.

  • Au niveau des artères digestives il s’agit d’un angor intestinal qui se manifeste par des douleurs abdominales violentes qui surviennent après les repas et peuvent s’accompagner de diarrhées. Progressivement, du fait des douleurs à chaque repas, le patient finit par manger de moins en moins par peur des douleurs et un amaigrissement survient.

  • Au niveau des artères rénales il peut s’agir d’une hypertension artérielle voire d’une insuffisance rénale.

  • Au niveau des artères du cœur il s’agit de l’angine de poitrine.

  • Au niveau des artères des membres inférieurs c’est la claudication intermittente.

 

Qu’est-ce que la claudication intermittente des membres inférieurs ou artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) ?

  • Au niveau des artères des membres inférieurs, le rétrécissement des artères diminue l’apport de sang oxygéné nécessaire aux muscles et entraîne des douleurs à l’effort qui passent au repos qu’elles imposent : c’est la claudication intermittente des membres inférieurs.

  • C’est une maladie qui touche toutes les artères mais plus fréquemment les artères des jambes. Dans les cas graves, elle peut entraîner une amputation.

  • Les personnes atteintes d’AOMI sont plus exposées au risque de crise cardiaque ou d’AVC. C’est une maladie grave qui touche plus de 40 millions de personnes en Europe et en Amérique du Nord.

Quels sont les patients à risques?

  • Tous les patients peuvent être touchés mais c’est une affection plus fréquente chez les personnes âgées. Elle affecte jusqu’à 20 % des personnes de plus de 70 ans.
  • Le tabagisme en augmente le risque. Les gros fumeurs ont quatre fois plus de risque de développer une artériopathie oblitérante que les non fumeurs.
  • Le diabète constitue un autre facteur de risque majeur et les patients atteints de diabète de type 2 présentent de 3 à 4 fois plus de risque de développer cette affection.Les autres facteurs de risque englobent l’obésité, l’hypertension artérielle, la sédentarité, les antécédents familiaux, et un cholestérol élevé.

Quels sont les symptômes de l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) ?

  • Pendant longtemps, la plupart des personnes atteintes d’une AOMI ne présentent pas de signes. Seuls 25 à 30% des personnes chez qui une AOMI est diagnostiquée sont symptomatiques.
  • Le symptôme le plus fréquent de l’AOMI est une douleur à type de crampe qui survient dans les jambes (surtout le mollet) lors de la marche. Elle disparaît au repos. Progressivement le patient note une réduction de son périmètre de marche puis les douleurs deviennent constantes dans la journée pour de petits trajets puis nocturnes.
  • Les autres symptômes peuvent être des ulcères de la jambe ou du pied qui ne cicatrisent pas, une sensation de jambes ou pieds froids, un changement de couleur de la peau des jambes ou des pieds.

 

L’intervention (Avant-Pendant)

Le bilan

  • L’angioplastie nécessite un bilan médical et d’imagerie :
    • Un bilan sanguin est demandé pour évaluer :
      • a. La coagulation
      • b. La numération formule sanguine (à la recherche d’une anémie, de signe d’infection, d’une anomalie de la coagulation…)
      • c. La fonction rénale.
    • Un bilan cardiologique.
    • Un écho-doppler qui permet de poser le diagnostic du rétrécissement et surtout d’apprécier le retentissement circulatoire après la lésion.
    • Un angio-scanner ou une angio-IRM seront souvent nécessaires pour obtenir une cartographie étendue et objective de toute la circulation dans la zone concernée et sur le réseau artériel à distance (car c’est une maladie diffuse des artères).

Quels sont les risques de l’angioplastie ?

L’angioplastie est une technique très sûre mais qui, comme toute intervention, comporte des risques et ceux-ci vous seront exposés par le radiologue interventionnel lors de la consultation préalable.

Comment se déroule l’intervention ?

L’angioplastie, également nommée dilatation, comporte deux étapes, l’une diagnostique, l’autre thérapeutique.

Phase diagnostique

L’angioplastie nécessite l’introduction d’une petite sonde (ou cathéter) dans une artère soit au pli de l’aine (artère fémorale) soit au niveau du poignet (artère radiale).

  • Cette technique est réalisée par un médecin spécialisé (médecin ou chirurgien) dans la radiologie et la cardiologie interventionnelles.

  • La décision de pratiquer un tel examen nécessite une appréciation des risques encourus lors de la procédure, du bénéfice attendu, et du risque de complication lors de l’évolution naturelle de la lésion sans traitement (risque d’occlusion complète).

  • L’examen est réalisé en salle de radiologie interventionnelle au bloc opératoire dans des conditions d’aseptie rigoureuse identiques à celles de la chirurgie. C’est une intervention qui dure environ une heure.

  • Une anesthésie locale est réalisée au point de ponction artérielle choisi. A partir de ce moment l’examen est totalement indolore.

  • Une sonde (cathéter) est ensuite introduite à partir de l’artère et ce jusqu’au niveau de la zone de rétrécissement.

  • La phase diagnostique consiste en une opacification préalable des artères en amont et en aval du rétrécissement permettant d’analyser tout le réseau artériel avec du produit de contraste (angiographie ou artériographie).

Cette phase permet de confirmer la présence de la ou des lésions vasculaires, leur topographie, leur importance et la richesse du réseau de suppléance. Elle est suivie d’une phase thérapeutique.

Phase thérapeutique 

  • On amène sous guidage radiographique un petit ballonnet gonflable au niveau de la zone rétrécie.

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  • On gonfle le ballonnet qui écrase la plaque d’athérome (développement sur la paroi interne de l’artère de plaques de nature lipidique (graisseuse) implantées sur les cellules musculaires de l’artère ; ce développement obstrue progressivement le passage du sang et l’apport d’oxygène aux tissus (cerveau, myocarde, reins, jambes, etc.) et agrandit le diamètre de l’artère.
  • Il est ensuite dégonflé pour rétablir le flux.
  • On contrôle le résultat par une opacification avec du produit de contraste.

Pose d’un stent

 Un stent est une sorte de mini-ressort métallique que l’on introduit dans l’artère pour éviter qu’elle ne se rebouche en la maintenant ouverte après le dégonflage du ballonnet.

Dans de nombreux de cas, notamment si la récupération du diamètre artériel est imparfaite, on complète l’angioplastie par la pose d’un stent. Une fois le stent déployé dans l’artère, il y restera définitivement.

Exemple d’un patient atteint d’une AOMI avec douleurs du mollet droit pendant la marche.

On dispose aujourd’hui de différents types de stents dont certains contiennent des médicaments (stents dits « actifs »).

En effet, il peut arriver que lors du processus de cicatrisation, du tissu vienne recouvrir les mailles du stent et puissent de nouveau rétrécir l’intérieur du vaisseau : c’est la resténose qu’il faut traiter.

Les stents actifs vont libérer un médicament qui s’oppose à la repousse de tissu et donc à la resténose.

Après une angioplastie 

  • Le patient rentre chez lui le jour même ou le plus souvent après une courte hospitalisation (24 heures) et pourra reprendre ses activités dès le lendemain.
  • Un traitement anti-plaquettaire comprenant l’association d’aspirine et de clopidogrel sera mis en place et maintenu pendant plusieurs mois après l’intervention.
  • Ensuite, ce traitement sera allégé (aspirine seule) et prescrit au long cours.
  • Un suivi au long cours devra être mis en place pour détecter au mieux les éventuelles récidives, complications ou la survenue de nouvelles sténoses artérielles sur d’autres sites anatomiques car la maladie athéromateuse est le plus souvent diffuse.
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