L’alcoolisation du plexus coeliaque peut être indiquée en cas de persistance de certaines douleurs profondes de la partie haute de l’abdomen, non soulagées par des médicaments.

Le plexus coeliaque est un zone de convergence, un relais, de plusieurs nerfs de l’abdomen. Ces nerfs envoient et reçoivent des informations de plusieurs organes de l’abdomen comme le pancréas.

Certaines maladies sont susceptibles de modifier les informations qui transitent par ces nerfs voire, dans certains cas, de créer une sorte de « court-circuit » en cas de lésion de ce réseau de nerfs. Ces perturbations sont responsables des douleurs.

Parmi les maladies susceptibles de perturber l’information nerveuse du plexus coeliaque, la pancréatite chronique et le cancer du pancréas sont les plus fréquentes. La présence à cet endroit de métastases provenant d’un autre cancer peut être également impliquée.

 

Comment traite t-on les douleurs du plexus coeliaque ?

 Dans la majorité des cas, la douleur liée au plexus coeliaque est traitée par des médicaments anti-douleurs.

Ces traitements ne seront pas suffisants dans certains cas, notamment lorsque qu’un cancer (du pancréas ou autre) envahit tout ou partie du plexus coeliaque.

L’alcoolisation du plexus coeliaque peut alors être indiquée après discussion multi-disciplinaire entre des gastro-entérologues, oncologues, médecins spécialisés dans le traitement de la douleur et le radiologue interventionnel.

 

Principes de l’alcoolisation du plexus coeliaque

 L’alcoolisation du plexus coeliaque consiste à injecter de l’alcool au contact des nerfs responsables des douleurs par perturbation de leur fonctionnement.

L’alcool détruit une partie du réseau de nerfs et bloque ainsi la propagation de la douleur.

Il existe deux techniques différentes :

  • sous anesthésie générale par échoendoscopie par un gastroentérologue
  • sous anesthésie locale et contrôle scanographique par un radiologue interventionnel

 

Alcoolisation sous contrôle scanographie

C’est la technique la moins invasive et la plus rapide, réalisée sous anesthésie locale.

En fonction de l’anatomie, le geste est réalisé par voie antérieure ou postérieure sur un patient allongé sur le dos ou sur le ventre.

Après anesthésie locale de la peau, une ou deux aiguilles très fines (< 1 mm de diamètre) sont avancées de façon très précise jusqu’au contact du plexus coeliaque, situé en avant des vertèbres, au contact de l’aorte.

Le bon positionnement de l’aiguille est confirmé par la reproduction des douleurs habituelles au contact de l’aiguille et par l’injection de quelques gouttes de produit de contraste. Cette injection permet également d’évaluer la répartition à venir de l’alcool. Une anesthésie locale profonde est ensuite réalisée par un mélange de produits d’anesthésie à action rapide et à action prolongée.

Lorsque le positionnement est confirmé et l’anesthésie réalisée, le radiologue interventionnel injecte l’alcool au contact du réseau de nerf du plexus coeliaque.

Cette procédure est généralement réalisée en moins d’une heure.

 

Qu’attendre de cette intervention ?

La réussite du traitement dépend de l’étendue de la maladie au contact du plexus coeliaque.

Celle-ci est d’autant plus efficace que la maladie n’est pas trop évoluée à cet endroit et qu’il persiste assez de place pour injecter l’alcool. Lorsque la maladie est très évoluée, la cible de l’injection est restreinte et l’alcoolisation peut être moins efficace.

Lorsque l’injection peut être faite intégralement, la diminution des douleurs est significative et rapide.

 

Quels sont les risques de l’alcoolisation du plexus coeliaque ?

L’intervention en tant que telle est généralement très bien tolérée.

Dans les quelques jours qui suivent, une hypotension artérielle et des troubles digestifs peuvent survenir, justifiant une surveilance hospitalière de 24 à 48h.

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